Beaumont-sur-Oise Adama 24 ans, décédé le jour de son anniversaire : "On a perdu notre frère"

Les frères et les proches de la victime témoignent au lendemain de la mort du jeune homme décédé mardi soir, à Beaumont-sur-Oise, après avoir été interpellé par les gendarmes.

20/07/2016 à 16:50 par Thomas Hoffmann

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Assis sur une rambarde en béton entouré de ses amis, mercredi matin, Youssouf soupire : “Il n’a pas eu de crise cardiaque ce n’est pas possible.” Des sanglots dans la voix, tandis que des larmes coulant sur ses joues, le frère d’Adama Traoré, décédé mardi soir à la suite de son interpellation par les gendarmes à Beaumont-sur-Oise (lire ici), réfute en bloc la version des forces de l’ordre sur l’origine de sa mort, un malaise cardiaque,  le jour de son 24ème anniversaire.

C’était un grand sportif. Il faisait du football, de la musculation, il était super costaud. Jamais il n’a eu de problème cardiaque. Hier, il était en train de faire du vélo quand les gendarmes l’ont interpellé, avec la chaleur qu’il faisait, vous pensez vraiment que s’il avait eu des problèmes cardiaques il aurait pu faire ça. C’était son anniversaire hier. On avait prévu de se rassembler avec la famille pour lui fêter. Maintenant il n’est plus là. “

Certains effondrés, d’autres révoltés, les proches d’Adama évoquent un garçon “sportif, gentil, toujours correct et poli”. “J’étais avec lui hier, il allait très bien, nous étions allés boire un café ensemble. C’est un mec plein de vie, c’est malheureux.”  ”C’était pas un enfant de chœur, il avait fait des bêtises, mais il avait compris et avait décidé de se rattraper”, raconte son conseiller d’insertion qui l’aurait pris en charge durant six mois à sa sortie de prison.

“Il était par terre, sans vie, du sang sur le visage”

Arrive Baguy, un des frères d’Adama : “Il l’ont tué. Ils ont pris notre frère, ils ont pris notre frère”, hurle-t-il d’une voix où se mêlent colère et tristesse. Interpellé en compagnie de la victime, le jeune homme assure que c’est lui qui était recherché par les forces de l’ordre.

C’est pour moi qu’ils sont venus. Adama n’avait rien à voir avec l’affaire d’extorsion de fonds, c’était moi. J’ai été placé en garde à vue d’ailleurs, mais ils m’ont relâché.”

Selon une source proche de l’enquête, “il y a bien eu quelqu’un de relâché, mais nous ne pouvons pas en dire davantage du fait de l’enquête en cours”.

Revenant sur l’interpellation, au cours de laquelle un gendarme du Psig (peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie) a été blessé, Baguy précise :

Lorsque les gendarmes sont arrivés, Adama est parti en courant parce qu’il n’avait pas ses papiers sur lui. Ils l’ont coursé et l’ont rattrapé alors qu’il tentait de se cacher dans le jardin d’un mec qu’on connait. Adama a dit “je me rends”. Ils l’ont boxé. Un “justicier” a tenté de les séparer, mais ils lui ont mis la tête au carré. Ils l’ont embarqué ensuite à la gendarmerie de Persan. Là-bas, je l’ai retrouvé entouré de cinq ou six gendarmes. Il était au sol, les mains menottées dans le dos. Il ne respirait plus, il était sans vie. Il avait du sang sur le visage. J’ai vu un gendarme qui faisait partie de ceux qui nous ont interpellés. Il avait un t-shirt blanc et je l’ai vu revenir après avec un t-shirt plein de sang, celui de mon frère. Ma compagne était là, elle l’a vu aussi. Adama n’a pas eu de crise cardiaque, ils l’ont tabassé.”

Un enquêteur précise :

Une autopsie doit avoir lieu pour déterminer les circonstances exactes du décès. Concernant les coups évoqués par les proches de la victime, laissons faire l’enquête et la justice pour savoir ce qui s’est réellement passé.”

“Que la justice fasse son travail, sinon nous on la fera”

Soutenus par leurs amis, Youssouf et Baguy réclament en chœur “que la justice fasse son travail”.

Si la justice ne fait pas son travail, alors nous le ferons. Nous ne pouvons pas laisser passer cela. Les gendarmes sont des militaires, quand un de leurs hommes meurent au front, ils cherchent à savoir qui est le responsable et font en sorte de le retrouver. Pour nous c’est pareil. “

A Persan, la sœur de la victime, accompagnée d’une amie, attendait devant les grilles à midi dans l’espoir de voir son frère.

Il refuse de me laisser entrer que je puisse voir son corps. Ils m’ont dit que ce n’était pas possible, qu’il n’était pas visible dans cet état, que lorsqu’il a eu sa crise, il a saigné du nez, des oreilles et de la bouche.”
95260 Beaumont-sur-Oise

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